Becassine

Mes Chers Compatriotes,

La rentrée des classes pointe son nez camus à l'horizon. Vous allez donc bientôt être débarrassés de vos chers petits monstres chères têtes blondes. Mais je sens poindre une inquiétude dans vos yeux chassieux anxieux : que vont-ils donc apprendre cette année ? Je vous rassure tout de suite, comme l'année dernière : rien !

Je vous résume les propos du Ministre (eh oui, ma grande fille, Ministre est masculin dans le dictionnaire que vous devriez avoir sur votre bureau) de l'Inéducation Nationale :

Je suis contente que les choses se fassent (elle a toujours l'air contente, même quand rien ne se fait).

Depuis un an, on sent les effets sur le terrain (oui, surtout de République à Nation, les jours de manif).

Nous avons aussi recréé une formation initiale pour les enseignants, qui ne sont plus livrés à eux-mêmes dans les classes (aaaah, parce que vous leur aviez supprimé cette formation pour être plus sûre qu'ils ne puissent rien transmettre ? ou bien alors vous leur avez fourni des Colts .45 pour se sentir moins livrés à eux-mêmes ?).

Cette réforme fait partie d’un ensemble très cohérent (mouuuuaaahahahihihi ! ne me faites pas rire comme ça) et c’est pourquoi, qu’on le veuille ou non (eh non ! on veut pas !), elle se fait, dans l’intérêt des élèves (ouais ! s'ils ne savent pas lire au bac, ils seront moins angoissés à la distribution des sujets et auront le diplôme quand même, quotas de réussite obligent).

Pour réduire les inégalités à l’école .../... on laisse le temps aux élèves de consolider leurs apprentissages .../... Si quelque chose n’est pas acquis au CP, il faut y revenir au CE1, et au CE2 (lecture jusqu'en terminale, à l'évidence).

La réforme, c’est 4000 postes nouveaux dans 7000 collèges publics (ça nous fait 0.57 enseignant par collège, les amputés vont gueuler).

C’est un changement ambitieux en phase avec les réalités du monde dans lequel les élèves vont vivre (ouaaaiiiis ! sans notes et sans notion de compétition ou d'excellence, ils auront tous le bac et se retrouveront – pour une minorité de non-chômeurs – directement dans le monde du travail où ils se feront massacrer au nom de l'excellence).

Les programmes ont été rationalisés .../... pour laisser plus de liberté aux enseignants (vacances, maladie, manif, grève ?).

La seule vraie inquiétude porte sur les Pokémon rares (voila une vraie réforme ! on a le Ministre qu'on mérite).

Mes Chers Compatriotes, je pense que la gamine le Ministre a mal interprété le préambule de la Déclaration des Droits de l'Homme, je cite : "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits". Eh oui, en dignité et en droits... ne pas oublier. Mais il y a des grands et des petits, des gros et des maigres, des génies et des imbéciles. L'égalitarisme forcené est donc voué à l'échec. La réforme du collège veut substituer la société à la nation. Imposer la culture de masse et l'inculture hébétée, aux moyens d'Internet et des réseaux dits sociaux. Substituer la haine de l'autre et de soi, la repentance, à la transmission d'une culture. L'école n'accorde aucune importance à la maîtrise de la langue, mais qui parle mal pense mal.

Ce Brahim, mes Chers Compatriotes, j'espère vous avoir ruiné remonté le moral avant que vous abandonniez lâchement vos marmots aux pattes griffues de leurs Maîtres et Maîtresses.

Bien à vous,

Jacques