Charlot

Mes Chers Compatriotes,

Nous n'allons pas revenir sur les évènements terroristes de la semaine, dont on vous a battu et rebattu les oreilles. Vous avez tout vu et revu et vous avez eu votre (pas)content de témoignages inutiles, rabâchés et larmoyants de la part d'anonymes soigneusement sélectionnés par des journalistes frigorifiés autant qu'avides de recueillir quelques larmes en gros plan pour pouvoir retourner dans le car-régie où du café bien chaud et du calva bien raide les attendaient.

Mais ce n'est pas mon propos d'aujourd'hui. Je voudrais en effet attirer votre attention sur un petit extrait passé sur une chaîne qui diffusait les images de la rue Charlie-Hebdo (vous avez le choix entre environ 150 chaînes) : une équipe de tournage réduite (le journaliste, le caméraman, le preneur de son, le chargé de café, le responsable des bières, le chef des sandwiches, le chauffeur, l'aide chauffeur, les premiers et les deuxièmes assistants de tous les susnommés, et aussi quelques pégreleux aux fonctions mal définies) ; une équipe de tournage - donc - est arrivée assez rapidement sur les lieux, et là, tout à fait normalement, un policier leur à dit "désolé, vous ne pouvez pas aller plus loin, il ne faut pas polluer la scène de crime". Si vous regardez "Les Experts", vous savez que c'est la procédure de base et la moindre des précautions. Le brave pandore a donc fait son travail, et - en plus - en souriant. Parfait, quel professionnalisme, chapeau !

Nonobstant, quelques minutes plus tard, arrive le ci-devant Président de la République, flanqué de moult Ministres et d'une cinquantaine de fifres, sous-fifres et figures de fifre. Et là (derechef)  : accès direct sur les lieux z'encore vierges. La suite Présidentielle ne pollue pas, qu'on se le dise ! Ca doit être pour gagner des voix écolos en 2017.

Pour conclure, on pourrait penser que ces déficients mentaux kalachniqueux ont au moins servi à une chose : nous redonner un sentiment d'union nationale. Las ! Doux Jésus ! Au bout d'à peine quelques heures, de nombreux partis politiques ont si vite et si vigoureusement tiré la couverture à eux que j'en ai eu froid aux pieds. Sans susciter grand branle-bas dans Landerneau.

On a les politiques que l'on mérite.

Bien à vous,

Jacques